Paul Éluard - Pablo Picasso

LA BARRE D'APPUI. 

Éditions « Cahiers d'Art » (Paris) (1936) In-4 (22o x 165 mm). En feuilles; sous couverture en papier vélin fort recouvert de papier Japon ancien à inclusion de pétales de fleurs remplié avec étiquette en papier Japon, imprimée et collée sur le frontispice.
3 eaux-lortes et aquatintes au sucre (1b6 x 106 mm), non datées t1936 non signées. (I1 a été tiré en outre 6 sultes des épreuves en bleu, vert et rouge, justifiées à 6 exemplaires en chiffres romains, non signées et quelques épreuves signées au crayon.) Edition: 40 exemplaires sur Japon ancien, srgnés au crayon par l'auteur et l'artiste, numérotés de 1 à 40.

C'est par l'intermédiaire de Christian et Yvonne Zervos, éditeurs des Cahiers d'Art, que Nusch et Paul Eluard ont rencontré Picasso à la fin de 1935, et cette rencontre marque le début d'une longue et profonde amitié (voir N°27). En juin 1936 paraît aux « Cahiers d'Art )) leur premier livre commun, un recueil de huit poèmes dédié à Nusch et intitulé «La barre d'appui », pour lequel Picasso fait trois gravures. C'est la première fois que Picasso utilise le procédé au sucre auquel Roger Lacourière l'avait initié. Les poèmes et les eaux-fortes sont répartis de manière trilogique selon le schéma suivant:
Première illustration: (ci-dessous première image)
frontispice Nusch. J'entends encore la voix (sanstitre)
Au présent
Les maîtres
Le sablier vide
Deuxième illustration: (ci-dessous deuxième image) femme endormie.
Et quel âge avez-vous?
En vase clos
Chassé
Troisiéme illustration : (image haut de page) femme surréaliste (Dora Maar)
Une foule toute noire (sans titre)

Picasso a pris une planche de cuivre de 215 mm sur 315 mm , il l'a divisée en quatre parties égales par deux lignes perpendiculaires et s'est mis à emplir le premier rectangle d'une composition très compliquée. Dans le sui­vant, il ébauche le portrait de Nusch et, en un tour de main, pour le troisième, il dessine au premier plan une tête de femme endormie et, dans le fond, un paysage. Comme la quatrième partie reste vide, il trempe dans l'encre la paume de sa main et l'applique sur le cuivre. Avant de couper la planche en quatre, on tire treize exemplaires de cette aquatinte avec les trois illustrations et l'empreinte de la main de l'auteur. - En réalité, la gravure «Trois eaux-fortes et la main droite de l'artiste» en aquatinte a été tirée à 18 exemplaires signés et justifiés, ainsi que quelques épreuves avec dédicace, par exemple à Yvonne Zervos et à Nusch Eluard, en couleurs (voir exemple ci-dessus, dernière image).